IA & PME : Démystifier l’IA pour les dirigeants

Conférence intelligence artificielle à Paris pour dirigeants de PME et d’ETI, organisée par le Groupe Référence, autour des enjeux et fondamentaux de l’IA.

Alors que l’IA s’invite désormais au cœur de tous les secteurs, elle continue de susciter un mélange d’enthousiasme mais également d’appréhension.
Lors d’un événement organisé en novembre 2025, en partenariat avec Araïko (Cynapps) et Capital Croissance, nos directeurs externalisés ont partagé ce qu’ils constatent quotidiennement auprès des dirigeants de PME : des interrogations récurrentes, des visions parfois brouillées et plusieurs idées reçues qui freinent encore le passage à l’action.

Avec cet article, notre intention est simple : dissiper ces croyances, clarifier ce que l’IA permet réellement et éclairer la vraie valeur ajoutée que les PME peuvent saisir dès aujourd’hui.

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Les 8 idées reçues courantes sur l’IA

Voici les craintes les plus courantes… et ce qu’il faut en comprendre pour avancer.

Crainte n°1 : « L’IA ne sert à rien, ça nous fait perdre du temps. Mes collaborateurs ne travaillent plus quand ils l’utilisent, je leur ai d’ailleurs interdit d’y avoir recours. »

En réalité, vous seriez surpris du nombre de collaborateurs qui utilisent déjà l’IA sans que vous le sachiez : c’est ce qu’on appelle le « Shadow IA ». Ils veulent bien faire et, lorsqu’ils découvrent le potentiel de ces outils alors que l’entreprise n’en propose pas, ils finissent par les utiliser de leur côté.
Le problème, c’est qu’ils le font sans cadre, sans connaissance des bonnes pratiques, ni de la gestion responsable des données. Cela peut entraîner des risques importants.
Qu’on le veuille ou non, vos équipes utiliseront l’IA — et souvent à juste titre. L’enjeu n’est donc pas de l’interdire, mais d’accompagner son usage, de développer l’esprit critique et d’instaurer des règles d’hygiène numérique.

 

Crainte n°2 : « L’IA est une mode, ça va passer… »

On pourrait effectivement penser qu’il s’agit d’une mode, comme d’autres technologies qui ont traversé les entreprises sans vraiment s’installer. Pourtant, les études montrent qu’entre le moment où vous vous levez et celui où vous vous couchez, vous utilisez déjà entre 6 et 10 systèmes d’IA sans même vous en rendre compte : le GPS, la correction et la suggestion automatique dans vos messages, la reconnaissance vocale, l’assistance à la conduite, les thermostats intelligents, les moteurs de recherche… et bien d’autres encore.
L’IA fait donc déjà partie de votre quotidien, souvent de façon invisible. Peut-on vraiment parler d’un phénomène de mode, alors que vous l’utilisez déjà tous les jours ?
Et n’est-il pas logique que certaines entreprises aient déjà commencé à encadrer et maîtriser ces usages, pendant que d’autres ne les ont même pas encore intégrés ?

 

Crainte n°3 : « L’IA ne sert qu’à créer des images ou des vidéos… aucun intérêt, et je ne vois pas en quoi cela menacerait mon métier ! »

Il est essentiel de distinguer deux grandes catégories d’IA.
D’un côté, il existe les IA généralistes — comme ChatGPT ou Microsoft Copilot — qui ont été entraînées sur des milliards de données issues d’internet, comprenant le meilleur… comme le pire. D’ailleurs, une étude montre que seulement 28 % des informations disponibles en ligne sont réellement fiables.
Ces IA génératives ne sont donc pas conçues pour votre métier : elles s’adressent au grand public, pour des usages très variés, et ne sont pas là pour défendre vos intérêts professionnels.

À l’inverse, lorsqu’on utilise des IA spécialisées, entraînées spécifiquement sur vos outils, vos processus et vos données métier, l’impact est totalement différent : elles deviennent un véritable levier de performance, d’efficacité et même de bien-être au travail.

 

Crainte n°4 : « L’IA c’est facile, il suffit d’aller sur internet. Je n’ai pas besoin d’un accompagnement »

Depuis un an, on voit apparaître un véritable effet de mode : des posts LinkedIn promettent qu’« en trois API », on peut transformer une entreprise et automatiser ses processus. Beaucoup de dirigeants ont tenté ce type d’approche rapide… et constaté que cela fonctionne une fois, très mal, ou pas du tout.

La réalité, c’est que nombre de “spécialistes IA” se sont autoproclamés experts après quelques semaines de formation en ligne. Or l’IA n’est pas un outil plug-and-play. C’est un domaine complexe, fondé non pas sur du déterminisme mais sur des modèles probabilistes, avec des enjeux de données, d’intégration, de sécurité, d’architecture et de gouvernance.

En bref : non, ce n’est pas aussi simple qu’on le lit sur Internet — et sans accompagnement sérieux, le risque est surtout de perdre du temps, de l’argent… et de passer à côté des vrais bénéfices.

 

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Crainte n°5 : « L’ERP ne sert plus à rien. Je vais juste mettre mes données dans un data lake, brancher une IA dessus, et ça deviendra mon ERP.»

Un data lake relié à une IA ne remplace pas un ERP. La question n’est pas l’outil, mais le cas d’usage métier : quelle valeur crée-t-on, pour qui, et sur quel processus ?
Les projets “data lake + IA” sans vision métier finissent souvent en projets interminables, coûteux, et avec zéro impact.
À l’inverse, les entreprises qui lancent des projets IA très ciblés, directement alignés sur un besoin métier, obtiennent de la valeur immédiatement.
L’efficacité vient du vertical métier, pas d’une architecture data déconnectée du réel.

 

Crainte n°6 : « Je vais remplacer tous mes collaborateurs par une IA. »

L’expérience montre qu’aucune IA ne fonctionne aujourd’hui en autonomie totale. Ce sont avant tout des super-assistants au service des experts, et c’est précisément ce qui fait leur valeur.
Une IA excelle dans l’exécution de tâches verticales, ciblées et répétitives. En revanche, elle ne possède ni vision systémique, ni créativité, ni capacité de collaboration, ni intelligence collective.
Elle ne remplacera donc pas vos collaborateurs : elle les augmente, en leur permettant de se concentrer sur les dimensions humaines, stratégiques et relationnelles du travail.

Il ne faut pas oublier un point clé : l’IA n’invente rien seule.
Elle apprend à partir des données générées par vos clients et par vos équipes. Ces données constituent votre capital immatériel et votre principal avantage concurrentiel et valeur ajoutée.
Sans collaborateurs, il n’y a ni données pertinentes, ni IA performante.

 

Crainte n°7 : « Moi j’ai déjà intégré l’IA dans mon entreprise, j’ai co-pilot »

Dire que l’on a “intégré l’IA” parce que l’on utilise Copilot revient un peu à dire que l’on a une stratégie data parce qu’on a installé Excel. L’IA n’est pas un simple outil : c’est un écosystème technologique.

Aujourd’hui, il existe des milliers de modèles et d’outils d’IA, chacun spécialisé : optimisation de processus, automatisation métier, analyse prédictive, traitement documentaire, assistance au diagnostic, pilotage opérationnel… La vraie question n’est donc pas « avons-nous un outil IA ? » mais : « Comment doit-on l’adopter ? »

 

Les retours terrain montrent d’ailleurs que de nombreuses entreprises reviennent des promesses initiales : Microsoft Copilot n’est pas un moteur de transformation métier. C’est un excellent assistant administratif — mais il n’attaque pas le cœur opérationnel de l’entreprise.

En résumé : avoir Copilot, ce n’est pas avoir une stratégie IA ; c’est juste avoir un assistant. La valeur se crée lorsque l’IA est alignée avec vos données, vos métiers et vos objectifs business.

 

Crainte n°8 : « J’utilise ChatGPT et je vois bien que l’IA n’est pas adaptée à mon métier. »

C’est normal : ChatGPT est un modèle d’IA générative généraliste, conçu pour couvrir un très large spectre d’expertises. Il fait « un peu de tout », donc forcément moyennement, et rarement avec la profondeur nécessaire pour un métier spécifique.
De plus, ces modèles généralistes sont conçus pour toujours produire une réponse, même lorsqu’elle peut être inexacte.


Au-delà des peurs ou de la fascination, un point clé ressort : l’IA crée de la valeur seulement si l’entreprise sait la capter. Elle n’efface pas les bases, elle les renforce. Ce n’est pas la technologie qui transforme une organisation, mais l’usage qu’on en fait et la maturité stratégique qui l’accompagne.

Dans beaucoup de PME, l’IA arrive encore par réflexe technologique — “il faut faire de l’IA” — alors que la vraie question est simple : quelles priorités métier voulons-nous renforcer ?

A toutes les PMEs, à vous de jouer !

 

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